Dans notre société actuelle, le critère d’une silhouette élancée et svelte semble être nécessaire pour renvoyer une image de soi acceptable. Les recettes fleurissent pour faciliter une ligne idéale. Régimes équilibrés, dissociés, diètes protéinées… Les solutions ne manquent pas.
Les objectifs dans le domaine esthétique, tels qu’ils sont définis par la mode, restent élevés et difficiles à atteindre. L’objectif taille fine, ventre plat et abdominaux-fessiers bien entretenus, peut relever d’un travail de titan. Pour autant, cet état est-il raisonnable ? Aurélie s’angoisse sur son kilo en trop et refuse d’aller à la plage. Elle mesure 1m 71 pour 55 kilos. Au contraire, Patricia, pimpante et lumineuse, a décidé de faire attention sans trop se priver, alors qu’elle pèse 78 kilos pour 1m 62. Le lâcher prise est d’ailleurs souvent nettement plus productif dans ce domaine. S’accepter avec quelques petits défauts et imperfections allège, tout en permettant en retour d’être plus indulgent à l’égard de l’entourage.
Le regard de l’autre
Le stade du miroir, décrit par Jacques Lacan, se met en place aux alentours de 16-18 mois. Dans les bras de sa mère, l’enfant identifie sa propre image et lui demande d’authentifier sa découverte. L’enfant prend ainsi conscience de son Moi. Une perception de lui-même avec laquelle il devra fonctionner tout au long de sa vie : une appréciation de soi qui reste soumise au regard de l’autre. C’est ce que nous explique, dans son livre «S’aimer tel que l’on est» paru aux Éditions Jouvence, Chantal Calatayud : Une des grandes difficultés chez l’homo sapiens est liée à des réactions pulsionnelles inconscientes qui le poussent à se faire aimer de l’autre pour s’autoriser à s’aimer ensuite. Cette relation, peu à peu sadomasochiste, fabriquera un sentiment d’infériorité pour le sujet en quête systématique d’une reconnaissance par l’autre… Isabelle Filliozat, dans son ouvrage « Utiliser le stress pour réussir sa vie » publié par les Éditions Dervy, rappelle à sa façon que nous sommes artisans de nos vies et responsables de notre malheur ou de notre bonheur. Nous n’avons pas toujours le pouvoir sur ce qui nous arrive. Mais nous avons toujours l’absolue liberté de notre façon de vivre… L’auteur illustre ainsi cette possibilité de changement qui nous appartient à tout moment. Changer, c’est renaître à soi et réapprendre à nous envisager différemment : lister nos atouts, nos potentiels sans s’arrêter à nos faiblesses, parvenir à nous aimer sans nécessairement passer par l’avis de notre partenaire, de notre entourage, voire de notre supérieur sur notre lieu de travail, en sachant apprécier l’instant présent. Nos échecs et réussites sont en fait vecteurs de messages pour bien nous positionner dans l’existence.
Se réaliser
Être bien dans sa peau ne nécessite pas fatalement de relever des défis exceptionnels. Un regard résolument positif sur soi permet de prendre conscience de nos possibilités en réalisant le trajet déjà parcouru. Un atout pour trouver ou retrouver une sérénité, un apaisement précieux. Ce recentrage sur soi est indispensable pour prendre conscience de notre valeur et abandonner ce sentiment habituel où l’autre est toujours mieux ou a toujours plus que nous. Accepter nos défauts, c’est avant tout identifier nos forces…
Patrice Lallemant
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