Il convient d’abord de bien s’informer sur les
méfaits de l’alcool, de les connaître et de les faire
connaître. Une responsabilité particulière incombe à cet égard à tous ceux qui participent à la formation
et à l’éducation des jeunes : enseignants, professionnels
de la santé (médecins, infirmières,
kinésithérapeutes, dentistes, pharmaciens), éducateurs,
parents et aussi professionnels de la communication
et des médias : journalistes de l’audiovisuel,
de la presse parlée et écrite, responsables
politiques, animateurs d’associations.
En France, la consommation alcoolique est valorisée,
justifiée, ritualisée. Chacun se doit de combattre ces
préjugés :
• L’alcool réchauffe-t-il ? Non, il entraîne une sensation passagère
de chaleur et de bien-être par dilatation des petits vaisseaux
de la peau. En fait, il abaisse la température centrale et
produit un refroidissement accéléré, particulièrement dangereux
en haute montagne et lorsqu’on reste exposé au froid.
• L’alcool désaltère-t-il ? Non, il déshydrate. L’irritation de la
bouche et du pharynx augmente le désir de boire : le buveur
excessif a toujours soif ! Seule l’eau et les boissons aqueuses
désaltèrent.
• L’alcool donne-t-il des forces ? Non, il n’apporte à l’organisme
que des calories vides, inutilisables pour la construction
de l’organisme et pour l’effort musculaire. L’alcool est un
mauvais aliment qui provoque des crampes et entraîne l’obésité.
• L’alcool est-il un stimulant ? Non, il perturbe les centres nerveux,
la vision, altère la coordination des gestes et l’adresse,
affaiblit la qualité de l’attention, augmente le temps de réaction.
• « Un homme, ça sait boire ». Non, en fait, l’alcool entraîne
une perte de contrôle de soi, une atteinte des glandes endocrines
qui favorise l’impuissance. Le véritable adulte boit modérément,
se contrôle, reste maître de lui.
• « Un petit coup, ça met en forme ». Non, cela peut aider à
vaincre sa timidité, à être drôle dans la conversation, à se sentir
plus à l’aise avec ses amis. À partir d’un certain seuil, l’alcool
devient dangereux, facilite le passage à l’acte et la perte
de contrôle de soi, affaiblit les facultés.
• Le plus grand préjugé est de se dire : « Je bois comme tout le monde ». On estime souvent mal la quantité et la qualité de ce que l’on boit. On ignore les effets toxiques de l’alcool ; on
refuse de changer ses habitudes de consommation. On nuit
aux autres sans s’en rendre compte. Il y a en France 5 millions
de buveurs excessifs, dont 700 000 femmes.
Changer les habitudes
Il appartient à chacun de nous d’observer, vis-à-vis de ses invités,
quelques règles de politesse :
• Ne pas insister quand notre invité refuse une boisson alcoolisée.
Il peut avoir pour cela de sérieuses raisons de santé
• Offrir toujours le choix, notamment pour l’apéritif, entre boissons
avec ou sans alcool (eau, jus de fruits ou de légumes etc.)
• Toujours mettre, à table, un deuxième verre pour l’eau
• Prévoir pour toutes les réunions des boissons non alcoolisées
• Apprendre à déguster du bon vin en quantité modérée, par petites
gorgées, sans remplir le verre de ses invités contre leur gré.
Changer les attitudes
• Vis-à-vis du malade alcoolique, il ne faut jamais le tenter et
l’inciter à boire. Il est aussi très important de ne pas l’isoler et
le rejeter. La moquerie est à éviter, de même que la complicité.
La meilleure attitude à son égard est faite de respect, d’amitié et de compréhension. Le malade alcoolique est quelqu’un
qui a des problèmes relationnels, qui ne se sent pas
aimé et compris. Derrière le buveur, sachons découvrir l’homme.
En fait, dit le docteur Morinière, l’alcoolique a le plus
souvent une personnalité très riche. Il ressent un grand besoin
de dialogue.
• Il est urgent d’informer les jeunes sur les dangers de l’alcool.
Le plus important est de les écouter, de les comprendre, de les
respecter dans leurs différences et leurs aspirations. L’alcool,
comme la drogue, a souvent la signification d’un appel au
secours.
Valeur de l’exemple
L’exemple familial revêt une grande importance. La plupart
des jeunes s’adonnant à l’alcool appartiennent à des familles
où l’on prend l’habitude de boire et de fumer et d’associer systématiquement
l’alcool à la fête. Aimer les jeunes, les faire
vivre dans la confiance et l’optimisme, vaut mieux que les
remontrances, les cris, le dénigrement et la critique du monde
tel qu’il est. N’oublions pas non plus que l’alcoolisation des
jeunes constitue la voie royale vers la drogue.
Docteur René Flurin*
Pour en savoir plus, lire :
« Conseils pour la santé »,
Cet ouvrage est disponible sur signesetsens.com
ou chez Ballot Flurin Apiculteur
Tél : 05 62 96 49 57