Brad Pitt,
l’intelligence du coeur

« L’humilité précède la gloire » est-il écrit dans
la Bible. Né le 18 décembre 1963 à Shawnee
dans l’Oklahoma, d’une mère conseillère d’éducation
dans un lycée et d’un père dirigeant d’une
entreprise de transport, William Bradley Pitt fut
jadis enfant de choeur dans une église baptiste. Y
aurait-il là un lien avec le fait que le patronyme
de la star ait fait son entrée, depuis 2007, dans
le dictionnaire Larousse ?
Brad Pitt, évoquant justement ce sujet de l’humilité
en rapport avec sa célébrité, confiait récemment à un
journaliste : Quand j’ai appelé mes grands-parents
l’autre jour, mon grand-père m’a dit : « J’ai vu ton
film ». Je lui demande lequel et là, je l’entends dire à ma grand-mère : « Betty, c’est quoi le nom du film
qu’on a vu la dernière fois et qu’on n’a pas aimé? ».
Si ce genre d’expérience ne vous remet pas les pieds
sur terre, alors rien ne le fera... De quoi humaniser
une icône dont personne ne peut nier que la principale
qualité est celle de posséder une grande intelligence
du coeur…
L’errance avant la Terre Promise…
Bien qu’il ait conservé de son éducation chrétienne
des convictions profondes qui ne le quitteront jamais
tout au long de sa carrière, le jeune Brad souffre de
la religiosité étouffante de la tradition puritaine anabaptiste.
Il avouera d’ailleurs plus tard : Je ne comprenais
pas cette idée d’un Dieu qui veut être
reconnu, qui veut être proclamé le meilleur en échange d’une joie éternelle ou d’une indifférence
absolue en cas de non-obéissance. Aussi, comme
tout adolescent, il remet cet enseignement en question,
fait preuve d’une opposition constructive et va errer dans plusieurs directions avant de trouver sa
voie. Ainsi, après avoir entrepris des études d’architecture
et de design, il leur préfère le monde du journalisme
et de la publicité. C’est d’ailleurs dans ce
but qu’il s’inscrit à l’université de Columbia de New
York, commençant à s’intéresser à la diversité et à la
complexité du monde. C’est sans doute là qu’il puise
l’inspiration pour composer ses futurs personnages.
Mais avant d’obtenir son diplôme, sur les conseils
de Jay Morin, un ami d’enfance, il choisit, avec
quelques dollars en poche, de faire le grand pas. Il
part pour La cité des anges, Los Angeles. C’est décidé,
Brad veut être acteur... Ayant enfin identifié son
désir, rien ne l’arrête désormais et sa persévérance
va faire le reste. La partie est loin d’être gagnée mais
le jeune-homme croit en lui et ne rechigne pas à
exercer de multiples petits boulots pour subsister,
avant de réaliser le rêve de sa vie. Tour à tour déménageur,
chauffeur-livreur ou encore serveur pour une
chaîne de restaurants, Brad Pitt suit en parallèle des
cours d’art dramatique dans l’atelier de Roy London.
Publicité, cinéma, télévision…
Il faudra attendre 1987 – Brad a alors 25 ans – pour
qu’un producteur de la série télévisée « Dallas » remarque
l’acteur potentiel dans une publicité pour les
jeans Levis et lui propose un petit rôle. Cette première
apparition lui ouvre les portes de la télévision
et on le retrouve notamment aux côtés de Juliette
Lewis dans «Trop jeune pour mourir», puis au cinéma
avec «Neige sur Beverly Hills» de Marek Kanievska.
En 1991, sa composition du rôle d’un
auto-stoppeur sexy dans le film de Ridley Scott,«Thelma et Louise», lui permet de sortir enfin de
l’anonymat. Le public l’adopte et la profession s’intéresse
sérieusement à lui. L’année suivante le grand
Robert Redford, que certains identifient comme étant
son père spirituel, lui offre un rôle dans « Et au milieu
coule une rivière ». À partir de là, les succès cinématographiques
s’enchaînent. En 1994, il tourne
avec Tom Cruise dans «Entretien avec un vampire»
de Neil Jordan. Puis il est le fils aventureux et préféré
d’Anthony Hopkins dans le drame romantique «Légendes
d’automne» (1995) d’Edward Zwick. Brad
Pitt se révèle être un acteur hors pair, que l’on ne
peut enfermer dans aucun personnage. Il excelle
dans tous les genres, du thriller à l’aventure, en passant
par les films engagés et les comédies romantiques.
Séduisant aussi bien le grand public que les
cinéphiles avertis, Brad est un comédien authentique, à l’aise dans un rôle de bad boy comme dans celui
de gentil garçon.
Une vie sur-médiatisée
Lorsqu’on est considéré par les médias comme un
sex-symbol, il est difficile d’échapper à certains commentaires
pas toujours agréables : La célébrité est
une garce, lancera Brad Pitt dans ses moments de découragement.
Il a son franc-parler : Personne ne devrait
s’exprimer sans savoir de quoi il parle,
affirme-t-il. Quand des journalistes me demandaient
ce que je pensais de la situation politique du Tibet
vis-à-vis de la Chine, je leur répondais : « Mais qui ça intéresse ce que je pense de la Chine ? ». Je ne
suis qu’une pute... d’acteur, moi ! Acceptant toutefois
le revers de la médaille, il dira aussi avec une sagesse évidente : Je fais partie de ces gens qu’on adore détester.
Je n’en veux pas aux gens, c’est génétique. Fiancé à l’actrice Gwineth Paltrow de 1995 à 1998,
Brad se marie avec Jennifer Aniston en 2000 et entame
une relation avec Angelina Jolie en 2005 auprès
de laquelle il élève 6 enfants. C’est comme si Brad
avait eu besoin de symboliser par trois unions successives
le processus d’évolution d’une vie conjugale.
Résolument positif, aucune rancoeur dans ses
propos lorsqu’il déclare : Je ne me retourne pas en
arrière en pensant que mon mariage avec Jennifer
Aniston a été un échec. J’y repense plutôt comme
quelque chose de plaisant...
Des talents au service des autres
Outre le fait que Brad Pitt a prouvé ses qualités de
coeur et son sens de la famille en adoptant des enfants,
l’acteur est toujours à l’affût d’une cause à défendre.
Que ce soit en faveur des exilés de la
Nouvelle-Orléans (5 millions de dollars offerts pour
la reconstruction), ou pour la création d’une fondation
de lutte conte le sida, en passant par tous les
voyages de par le monde qu’il effectue avec Angelina
pour venir en aide à l’humanité, l’acteur met définitivement
sa notoriété au service des plus démunis.
Poursuivi par les paparazzi à la naissance de ses enfants,
Brad témoigne : Ils étaient prêts à tout pour
ces photos. Angie et moi nous sommes dits que nous
pouvions peut-être prendre l’argent et le reverser
pour une bonne cause. Et c’est ce que nous avons
fait… Magnifique façon de redistribuer et de faire
fructifier ses talents.
Charles Rouby
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