Sigmund Freud :
une vie au service de l'humanité

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apparaît. Le WEB contribue à la connaissance de
la découverte de l'inconscient et des grands
Hommes de l'Histoire qui ont fondamentalement
bouleversé les concepts de la pensée
philosophique. Cette biographie sommaire rappelle
quelques dates et évènements qui marquèrent
l'avènement de la psychanalyse
D'origine rhénane, la famille Freud vit à Freiberg
lorsque Sigmund vient au monde le 6 mai 1856.
Jacob, le père, est commerçant en laine dans cette
petite ville de Moravie. Il a eu deux enfants d'un premier
mariage et en aura huit autres, dont Sigmund,
avec Amalia, de vingt ans plus jeune que lui.
Les débuts
Le pays vit une période de fragilisation économique.
La crise frappe de plein fouet le secteur du textile et
la famille Freud, en difficultés financières, se résout à émigrer pour Vienne où elle s'installe en 1860. Le
jeune Sigmund suit brillamment les cours du collège
et acquiert de solides bases en langues et en sciences.
Son père lui a enseigné les valeurs fondamentales
d'un judaïsme laïque, libre de tout traditionalisme. À dix-sept ans, il entreprend des études de médecine
sans inclination particulière pour la situation du
médecin, mais mû par une sorte de soif de savoir. Il
se passionne pour toutes les disciplines scientifiques,
découvre l'anatomo-pathologie sous l'influence de
Brücke et fait la connaissance de Joseph Breuer qui
pratique l'hypnose avec sa patiente Anna O. Après
l'obtention de son diplôme de médecine en 1881, il
se fiance avec Martha Bernays, une délicieuse jeune
fille qu'il épousera quelques années plus tard, en septembre
1886 et qui donnera naissance à six enfants.
Désireux d'améliorer sa situation financière, il
renonce à sa carrière de chercheur et entre à l'Hôpital
Général de Vienne au service du professeur Nothnagel.
En 1884, Freud fait l'expérience de ce qu'il appelle « mon occasion manquée » à propos de ses découvertes
sur les propriétés anesthésiantes de la cocaïne.
Ayant pris quelques vacances pour rejoindre sa fiancée
dont il était séparé depuis deux ans, il découvre à son
retour que son ami Koller s'est approprié la paternité de l'anesthésie locale par la cocaïne ! Ses travaux sur la neurologie lui permettent d'obtenir
une bourse d'études en 1885. Il est en mesure de
réaliser son rêve : aller à Paris suivre les expériences
de Jean Martin Charcot sur l'hystérie. Cette rencontre
va déterminer le fondement de la grande aventure
de la psychanalyse. Freud se passionne pour ces
malades qu'on appelle les « nerveux », qui défient
toutes les thérapeutiques médicales et repoussent les
limites de la science : les symptômes hystériques expriment
une souffrance réelle sans lésion organique
et opposent une résistance à tout traitement. L'observation
méthodologique conduira Freud à la certitude
que la cause du symptôme se situe dans l'organisme
même, s'érigeant contre tout préjugé de l'époque.
Installation et théorisation
À la suite de la rencontre de Wilhelm Fliess en 1887,
une longue correspondance s'établit entre les deux
hommes sur les bases scientifiques de leurs travaux.
Cette relation épistolaire va reproduire la situation
transférentielle entre l'analysant et l'analyste. Fliess
prend la place de l'autorité parentale et Freud se livre à une remémoration de ses lointains souvenirs qui
l'amène à découvrir le fantasme d'Oedipe Roi. La
rupture de leur relation se situe au-delà de leurs divergences
théoriques ; elle marque surtout, comme en
cure analytique, la fin du transfert et l'individuation
de l'analysant.
Le moment est venu pour Freud de s'installer comme
praticien. Il aménage dans un appartement au 19
Bergasse, avec sa famille, dans lequel il restera
jusqu'à son exil de 1938.
Freud invente la méthode des associations libres et
abandonne l'hypnose et la catharsis. Dans sa démarche,
il est de plus en plus convaincu que l'étiologie
de l'hystérie et des psychonévroses repose sur
une scène sexuelle de séduction précoce. Freud laisse
sa neurotica pour avancer la théorie du fantasme inconscient
de séduction chez l'enfant. Breuer se démarque alors de Freud, ne pouvant suivre son hypothèse.
Après la publication de son livre « Études
sur l'hystérie » en collaboration avec Breuer (1895),
il se décide à faire éditer « L'Interprétation des
rêves », après bien des hésitations, car il s'agissait
de rompre avec les idées populaires et d'affronter la
critique scientifique. Il a fallu tout le courage intellectuel
de Freud et son intransigeance dans l'élaboration
de la théorie psychanalytique pour faire face à toutes les résistances et oppositions du monde
médical et religieux de l'époque.
« Société psychologique du mercredi » et I.P.A
Comme Freud s'y attendait, son livre est mal reçu
par le public mais les premiers adeptes de la psychanalyse
sortent de l'ombre et vont constituer «la Société psychologique du mercredi». Constatant le
trouble que jetaient les premiers concepts de la psychanalyse,
il écrit : Le silence qui suivit mes interventions,
le vide qui se faisait peu à peu autour de
moi, les allusions qui parvenaient à mes oreilles ont
fini par me faire comprendre que mes déclarations
sur le rôle de la sexualité dans l'étiologie des
névroses ne pouvaient s'attendre à être recueillies
comme les autres communications. J'ai fini par comprendre
que je faisais partie dorénavant de ceux qui troublaient le sommeil du monde.... En 1908, le cercle
freudien s'enrichit des noms prestigieux de Sandor
Ferenczi, Karl Abraham, Max Eitingon, Ernest
Jones, Hans Sachs et élargit son influence à toute
l'Europe. Carl Gustav Jung devient le disciple de
Freud et étend le champ de la psychanalyse aux psychoses.
Soucieux de ne pas faire de la psychanalyse
une médecine juive, Freud nomme Jung à la présidence
de l'International Psychoanalytical Association. À partir de 1911, le maître de la psychanalyse va restreindre
son cercle aux orthodoxes de sa doctrine. Les dissidents, Adler, Stekel, Jung, Rank, Reich seront écartés
du mouvement freudien. De nouvelles écoles apparaissent,
déviant partiellement de la théorie fondamentale.
Freud continue à publier ses concepts de la
psychanalyse avec « Au-delà du principe de plaisir », «Psychologie de masse et analyse du moi», « Le
Moi et le Ça ». Sa fille Anna prend la direction de
l'Institut de Psychanalyse de Vienne et s'oppose
farouchement à Melanie Klein. En octobre 1923,
Freud subit une deuxième intervention chirurgicale à la suite d'un cancer de la mâchoire. Il porte désormais
une prothèse qui lui provoque de violentes souffrances.
Il a des difficultés d'élocution et s'alimente
péniblement ; ses activités se limitent à son Cabinet
et à l'élaboration de sa théorie. Jones est chargé des
affaires internationales.
Les psychanalystes non médecins
Quelques années plus tard, un retentissant procès éclate à l'égard de Theodore Reik. Ce fidèle disciple
de Freud fait l'objet d'une plainte pour pratique illicite
de la psychanalyse sans diplôme de médecine.
Les institutions psychanalytiques internationales sont ébranlées et l'affaire provoque une scission entre partisans
de la pratique de l'analyse par les non médecins et les opposants anglo-américains favorables à une médicalisation de la psychanalyse. Freud monte au
créneau et publie « La question de l'analyse profane » : Les
médecins dont l'intérêt pour les facteurs psychiques de la vie
n'a pas été éveillé ne sont alors que trop enclins à les minimiser et à s'en moquer comme étant non scientifiques... Seul le vrai savant sera modeste car il sait combien ce savoir est insuffisant. Il défend vivement les psychanalystes non médecins et soutient son ami Reik contre tout savoir prétendu scientifique : L'étude des opérations supérieures de l'esprit ne concerne en rien la médecine, elle est du domaine d'une autre Faculté.
Des sphères philosophiques
La fatigue des années de lutte et de travail s'empare du vieux maître. Sa réflexion se situe dans des sphères philosophiques avec «l'Avenir d'une illusion» et «Malaise dans la culture». Le mouvement
nationaliste de l'Allemagne inquiète et augure de
mauvais jours pour les juifs et la psychanalyse. Freud
refuse l'aryanisation de la psychanalyse et quitte Vienne,
avec sa famille, pour Londres en 1938. Il s'installeà Maresfield Gardens et écrit son dernier ouvrage « L'Homme Moïse et la religion monothéiste ». Dans
une souffrance devenue insupportable, il appelle son ami Max Schür à son chevet et lui demande d'accomplir sa promesse : Vous m'avez promis alors de ne pas m'abandonner quand le moment serait venu. Maintenant ce n'est plus qu'une torture et cela n'a plus de sens... Le 23 septembre 1939 s'éteint le père de la psychanalyse.
Renaud Janin
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