|
Sa Sainteté le Dalaï-Lama
C’est en 1960, année de parution du célèbre album d’Hergé « Tintin au Tibet », que le grand public commence à entendre parler de ce pays mystérieux situé sur le toit du monde. Au même moment le Dalaï Lama — dont le titre signifie « Océan de Sagesse » —, en exil en Inde, est en passe de devenir la personnalité religieuse la plus appréciée de la planète. Quatorzième d’une lignée de chefs aussi bien temporels que spirituels, Tenzin Gyatso suit une trajectoire, une destinée hors du commun. Héritier d’une culture menacée, son charisme fait de lui une figure actuelle incontournable, animée du désir profond d’apporter à l’Humanité un authentique message de Paix. Le jeune Tenzin Gyatso voit le jour le 6 juillet
1935 à 4 h 38 dans le Nord-Est du Tibet. Il est
Cancer ascendant Cancer, signe astrologique
pour lequel la famille a une importance prépondérante.
Dès l’âge de deux ans, il est reconnu, selon la
tradition tibétaine millénaire, comme étant la réincarnation
du XIIIème Dalaï-Lama. Marie Graig,
auteur de « Kundun » publié aux Éditions « J’ai
lu », raconte que Thubten Gyatso, le XIIIème Dalaï-Lama, excédé par ses ministres, fait un jour le serment
de renaître dans une famille nombreuse qui
l’épaulerait. Le 17 décembre 1933, celui-ci meurt et
le gouvernement du Tibet se met alors en quête de
l’enfant dans le corps duquel doit s’incarner le
Bouddha de la Compassion. Lorsque la dépouille
du Lama défunt est exposée sur son trône, face au
Sud, son visage se tourne par deux fois vers le
Nord-Est. Par ailleurs, dans cette même direction,
un champignon apparaît sur un pilier de bois. Le
régent du Tibet, Reting Rinpoché, se rend alors au
lac sacré Lhamoe Lahtso. Il y reçoit la vision d’un monastère aux toits de jade vert et or, ainsi que d’une maison couverte de tuiles turquoises. Une
expédition est organisée en 1937 pour situer l’endroit
précis. Le Lama Ketwang authentifie la vision
dans le village de Taktser. Il se rend dans une maison
appartenant à une famille modeste d’agriculteurs
et feint d’être un simple serviteur. Le petit garçon,
issu d’une fratrie de seize frères et soeurs dont
seuls six ont survécu, reconnaît immédiatement le
chapelet ayant appartenu au précédent Dalaï-Lama
et exige qu’on le lui restitue. Il déjoue aussi la
supercherie du déguisement du Lama Ketwang.
Après de nombreux autres tests, le nouveau Dalaï-Lama est intronisé. Nous sommes le 22 février
1940, Tenzin Gyatso n’a pas encore 5 ans.
Accompagné de sa famille, qui le soutiendra effectivement,
le jeune Dalaï-Lama se rend à Lhassa où
il reçoit une éducation religieuse et spirituelle complète.
Dans ses moments de loisirs, le petit garçon
est fasciné par les technologies nouvelles. Ainsi,
dans le film « 7 ans au Tibet », réalisé par Jean-Jacques Annaud, on voit le jeune Dalaï-Lama se
faire fabriquer un poste de radio par son ami autrichien,
l’alpiniste Heinrich Harrer. Est-ce le signe de
la future médiatisation du chef tibétain et le désir
inconscient d’agrandir sa famille à l’Humanité
entière ? Gilbert Roux |
Mentions légales Psychanalysemagazine.com ©