Ernst Haeckel,
le père de l'écologie

Étudier les rapports entre un organisme et son environnement
est l'objectif que se fixe l'«écologie».
C'est en 1866 qu'Ernst Haeckel crée ce terme dérivé du grec «oikos» signifiant «demeure». Ainsi l'histoire de l'écologie se confond-elle avec celle de cet homme qui fut également l'un des premiers à transmettre l'oeuvre de Darwin.
Les travaux d'Ernst Haeckel constituent effectivement une référence incontournable en ce qui concerne
la nécessité d'une prise de conscience en
matière de préservation de l'environnement. Cet éminent biologiste allemand était en outre un pacifiste dans l'âme…
Une formation médicale
Charlotte et Philip August Haeckel, qui exerce une haute fonction au sein du gouvernement, sont les parents d'Ernst. Celui-ci voit le jour à Postdam en 1834. Dans un premier temps, le jeune Ernst se destine à des études médicales. Il obtient d'ailleurs son diplôme en 1859. Pourtant, il ne se sent pas vraiment à sa place dans cette profession mais cette compétence n'est pas sans avoir une importance essentielle pour la suite de son parcours. Ernst est attiré par la recherche et notamment au travers d'une discipline : l'anatomie comparée. Il obtient par la suite assez facilement une chaire d'enseignement à l'Université d'Iena en 1861, bien décidé à aller plus loin…
Sur les traces de Darwin
De 1866 à 1867, Ernst entreprend un voyage en Angleterre et y rencontre celui qui devient son maître : Charles Darwin. Il transmet par la suite avec ferveur sa « théorie de l'évolution » en Allemagne. Animé par l'esprit de cet apport révolutionnaire pour
l'époque, Ernst n'aura de cesse de parcourir le
monde (Mer du Nord – 1869, Dalmatie – 1871, Mer
Rouge – 1873, Grèce, Syrie, Algérie…) afin d'étudier
le monde animal et en particulier les animaux
dits inférieurs. Outre ses nombreux récits de voyage,
Ernst Haeckel écrit parallèlement plusieurs ouvrages
de référence dans l'univers de la biologie comme,
par exemple, des monographies de biologie marine
sur les radiolaires, les éponges calcaires, les méduses
et les sinophores. Doué d'un réel talent de dessinateur,
il est en outre l'auteur de plus de 140 planches
sur lesquelles il représente minutieusement des bio-organismes
qui rencontrent encore, de nos jours, un énorme intérêt scientifique.
Art et science
On ne peut consacrer sa vie à l'étude de la nature
sans éprouver pour elle une véritable fascination,
ainsi qu'un profond respect. La sensibilité artistique
du chercheur, que l'on retrouve dans ses dessins, est
indissociable de la notion de beauté. Pour Ernst
Haeckel, la biologie est à mettre en relation avec
l'art. Sa propre maison (la Villa Medusa), que l'on
peut aujourd'hui visiter, est une tentative réussie de
réunir l'art et la science. Certaines oeuvres du XXème siècle, tels les lustres en verre de Constant
Roux du musée océanographique de Monaco, ainsi que la porte réalisée par l'architecte René Binet pour l'Exposition universelle de Paris, sont inspirées des modèles de Haeckel. Certains d'ailleurs n'hésitent pas à présenter son oeuvre, pourtant scientifique, comme étant une des prémices de l'Art nouveau.
Finesse et géométrie
Pascal, un autre scientifique, parlait de cet esprit de finesse (sensibilité) et de géométrie (rigueur) qui doit être à l'oeuvre dans toute progression humaniste. L'écologie est en fait de cet ordre. Haeckel a ouvert la voie d'une observation émerveillée de la nature, en complémentarité d'un travail analytique permettant à l'Humanité de profiter d'une manière raisonnable du cadeau que nous fait la planète. En ce sens, la notion de transmission et de pédagogie doit absolument être présente. Haeckel en donne l'exemple, lui dont l'ouvrage « Les énigmes de l'Univers » est encore aujourd'hui traduit dans de nombreuses langues. Il est l'un des premiers à avoir compris que physiologie et psychologie ne sont pas à séparer. Autrement dit, l'humain fait partie d'un Tout et se détruit lui-même s'il ne prend pas soin de ce qui l'entoure…
Robert Gauthier
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