La psycho
      dans Signes & sens magazine

      Sport-épreuve, attention danger !

      Si la psychanalyse participe au bien-être de l'âme pour « bien naître », le sport, quant à lui, privilégie le corps.

      Longtemps méprisé, celui-ci reprend sa place parmi nos préoccupations quotidiennes. Les magazines de mode, comme le cher petit écran, sont envahis de femmes et d'hommes dont les corps suscitent, parfois, l'admiration ou l'envie, et très souvent, le dégoût ou la jalousie. Indépendamment des régimes miracles, le sport devient presque obligatoire pour qui veut être à la page.

      Poussé à l'extrême…
      Il est de bon ton, par exemple, de fréquenter une salle de gymnastique et celle ou celui qui s'y hasarde devra s'astreindre à un suivi rigoureux. Mais l'esprit de compétition exacerbé, comme la frénésie de performances toujours plus impressionnantes, ne cacheraient-ils pas une angoisse : un corps gracieux pour masquer une âme en danger ?
      Poussé à l'extrême, le sport n'est plus du sport. Il est de l'ordre du paraître, du superflu. Poussé à l'extrême, le sport est une fuite. On contourne la confrontation avec soi. Poussé à l'extrême, le sport n'est plus qu'une affaire de gros sous. Imaginerait-on un sportif de haut niveau privé d'une équipe, d'un manager ou d'un attaché de presse ? Poussé à l'extrême, le sport peut se révéler dangereux. L'absorption de produits dopants, véritables cancers du sport, a des conséquences physiologiques et psychologiques fâcheuses. Et cela au nom d'un « principe de plaisir » tout-puissant ! Paradoxalement, le culte du corps devient le dégoût inconscient du corps...

      Le sport doit demeurer une philosophie
      Ramené à un « principe de réalité », une pratique sportive régulière et adaptée est un facteur d'équilibre physique et psychique indéniable. Sur un plan thérapeutique, la relation corps-esprit est très importante. Si le corps dépend de l'esprit, ce dernier est également le corps. Nous oublions trop souvent que nos expériences sensorielles sont notre première vérité fondamentale. Les sens ont leur sagesse et leur logique. Certaines philosophies, entre autres le Bouddhisme Zen, ont assimilé cette complémentarité. Dans son ouvrage « Bouddhisme et psychothérapie », David Brazier précise que l'activité corporelle est la réalité de notre vie ; c'est l'esprit qui doit s'harmoniser avec la réalité de notre vie. Et Nietzsche de rappeler, par la bouche du prophète Zarathoustra, que derrière tes pensées et tes sentiments, mon frère, se tient un maître puissant, un Sage ignoré ; il demeure en ton corps, il est ton corps.
      Il serait peut-être temps que le milieu sportif comprenne que le sport doit demeurer avant tout une pratique ludique, respectueuse et fraternelle ; une philosophie que les Jeux Olympiques essaient de conserver tant bien que mal. Et la psychanalyse d'ajouter que l'équilibre psychique est une belle, très belle performance... sportive !

      Edwin Santy

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