Les médecines douces
      dans Signes & sens magazine

      Mieux comprendre ses conflits biologiques


      La relation corps/esprit a été mise en lumière par de nombreux mouvements thérapeutiques. Freud, Groddeck et bien d’autres encore ont abordé ce lien singulier, chacun ayant utilisé une terminologie descriptive spécifique.

      Le docteur Hamer a ajouté un concept intéressant en s’appuyant sur l’étude des scanners cérébraux (radiologie de l’encéphale visualisé, selon un axe précis sous forme de tranches de cerveau). Son étude a permis d’apporter un nouveau regard sur la maladie en proposant une modélisation particulière de la nature des conflits et de leur «cicatrisation». Aujourd’hui, d’autres recherches continuent et font émerger des réflexions pertinentes et affinées sur la pratique de résolution des conflits biologiques. Intéressons-nous, à travers un exemple, à ce qui constitue la «pathologie» biologique : Lilian part chaque matin en voiture à 7 heures. Un jour, sur son trajet quotidien, un enfant traverse soudainement et il le renverse. Un passant, horrifié, est témoin de l’accident. L’enfant est rapidement conduit à l’hôpital et s’en sort avec quelques ecchymoses et une grande peur. Sa mère, prévenue entre temps, accourt encore toute tremblante.
      - Comment l’accident a-t-il été vécu par l’enfant ?
      - Comment a-il été vécu par le chauffeur ?
      - Comment a-il été vécu par le témoin ?
      - Comment a-t-il été vécu par la mère de l’enfant ?
      Pour ce même accident, nous obtiendrions probablement quatre réponses différentes : quatre perceptions différentes, quatre chocs différents et peut-être quatre conflits biologiques différents.

      L’enfant
      De son côté, l’enfant se remet bien de cet accident. Il a fait un cauchemar (lui ayant permis d’extérioriser son angoisse), en a fait un dessin quelques jours plus tard et a pu raconter à sa maîtresse la peur qu’il a ressentie. Pendant quelques jours, il a de nouveau besoin d’être accompagné sur le chemin de l’école, le temps pour lui de retrouver confiance. Et finalement, il s’est senti très fier d’être monté dans l’ambulance. De son accident, il garde le souvenir d’une «grande» aventure qu’il aime partager avec ses copains.

      Le conducteur
      Le conducteur va-t-il s’interroger sur son acte ? Qui est cet enfant pour lui ? Que représente-t-il inconsciemment pour l’avoir renversé ? S’il se sent très coupable, peut-être n’osera-t-il plus prendre sa voiture ou bien encore changera-t-il dorénavant d’itinéraire. Peut-être sa peur s’est-elle au contraire transformée en grand soulagement puisque, finalement, tout s’est bien terminé : avoir raconté plusieurs fois son histoire à des proches lui a fait beaucoup de bien et lui a permis de « naturellement » se débarrasser de son mal-être. Il ne développe donc pas de conflit biologique.

      Le témoin
      Le témoin a été très choqué. Les images de l’accident lui reviennent sans cesse en boucle. Juste après, n’étant qu’un spectateur de la scène, ce passant avait continué sa route mais se sentait encore sous le choc. Il n’en parla pas spécialement autour de lui et essaya de se changer les idées. Dans son mécanisme personnel, il faut vite oublier. Cet homme a déjà eu un accident de voiture qui s’était mal terminé ; sa femme décéda des suites de cet accident. Alors aujourd’hui, une tristesse profonde l’envahit… Ce nouveau choc rouvre une ancienne cicatrice. C’était pourtant il y a quinze ans. D’ailleurs, quelques jours après l’accident de cet enfant, il ressent de violentes douleurs aux mains. Il avait « oublié » qu’il y a quinze ans, il avait serré si fort le volant en essayant d’arrêter la voiture… Son cerveau, lui, se souvient. Ce souvenir d’il y a quinze ans devient le « présent » dans ses mains. Les neurobiologistes ont d’ailleurs démontré que le cerveau et le corps sont reliés entre eux en permanence. Grâce à un puissant réseau de communication interne, le cerveau sait à chaque seconde ce qui s’organise dans le corps. C’est ainsi que pour s’adapter au mieux au contexte de l’instant, le cerveau enverra l’ordre de modifier telle ou telle sécrétion interne (hormone, sucre…). Ainsi, pour cet homme, « si je durcis mes mains, elles seront plus solides ». Cependant, cette solution d’alors n’est plus valable aujourd’hui. Si on permet au cerveau de comprendre cette information, il peut alors « réparer » les mains, c’est-à-dire les réactualiser dans le temps d’ici et maintenant.

      La mère
      La mère a eu vraiment très peur. Bien entourée, elle parle souvent de cet accident autour d’elle mais rien ne la soulage ni ne l’aide totalement. Il y a en fait quelque chose qu’elle ignore et qui est la source de son conflit interne. Sa grand-mère avait une petite soeur qui était décédée dans un accident de train. Comme la trace d’un dernier vestige transgénérationnel, cette mère a conservé en elle une angoisse de tout ce qui est relié à de la vitesse. C’est comme si sa biologie lui disait « attention, c’est dangereux ». Pourtant, elle n’a elle-même jamais eu d’accident. Mais lorsqu’elle était enfant, on l’appelait « la trouillarde »…

      Le choc biologique
      Plus précisément, quels sont les ingrédients d’un choc biologique ?
      - Il est vécu, ressenti intensément et de façon dramatique (le monde s’effondre)
      - Il est vécu dans l’isolement et sans possibilité d’en parler de façon émotionnelle à qui que ce soit
      - Il est vécu sans anticipation (si j’avais su)
      - Il est vécu dans l’absence de solution (je n’ai rien pu faire)
      - Il est vécu avec la sensation d’une grande menace pour sa survie.
      En fonction du phénomène de lutte intérieure personnelle, tous ces résidus peuvent durer un certain temps et augmenter le stress. Cette quantité de stress va générer une masse conflictuelle qui, selon son ampleur, engendrera une destruction tissulaire plus ou moins importante qui devra se réparer dès le retour au calme. Le stress fonctionne comme un incendie intérieur. Les pompiers arrivent et éteignent le feu. Puis, place est faite aux entrepreneurs pour reconstruire la maison. L’expression des maladies peut se faire soit durant la phase de stress, si celle-ci dure vraiment longtemps, soit (le plus souvent) durant la phase dite de réparation lorsque le stress est passé. Dans ce deuxième cas, les symptômes de la maladie sont souvent plus visibles. Après avoir couru un sprint, il est admis d’avoir des courbatures, même douloureuses. Alors, après un choc biologique, pourquoi la maladie est-elle considérée de façon aussi dramatique ? Attention, il ne s’agit absolument pas de ne rien faire et de nier ses symptômes. Mais plutôt d’accompagner un traitement, quel qu’il soit, en n’oubliant pas de considérer que les symptômes ressentis ne sont peut-être pas dus au hasard. Un apprentissage minutieux peut nous aider à mieux comprendre notre langage corporel. Tel est l’objectif du décodage biologique : nous permettre d’apprendre notre langage symptomatologique. Derrière chaque symptôme se cachent tant de non-dits, de sentiments non exprimés dans leur dimension émotionnelle. En accédant à notre histoire cellulaire, notre corps nous révèle… à nous-même.

      Philippe Lévy*

      *Philippe Lévy est co-auteur, avec Christian Flèche, de
      « Les protocoles de retour à la santé »,
      aux Éditions du Souffle d’Or

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