La sophrologie puise ses origines dans les racines grecques : «sos» signifie
calme, harmonie, équilibre, «phren» représente l’esprit et «logos» renvoie à la
parole, au discours curatif, mais aussi à l’étude, au savoir et à la science.
La sophrologie a été créée en 1960
par Alfonso Caycedo, neuro-psychiatre
d’origine colombienne.
Dans l’optique de donner une base
scientifique et professionnelle reconnue à la sophrologie, il s’est appuyé sur son
expérience de médecin psychiatre à
Madrid, tout en s’inspirant aussi de différents
travaux, notamment la phénoménologie,
l’hypnose et le training autogène
de Schultz. Au cours de ses voyages
en Inde, au contact des lamas tibétains,
il découvre le yoga et le bouddhisme.
C’est au Japon où il séjourne pendant
deux ans qu’il s’initie au zen et à la
méditation. En s’intéressant à la philosophie
orientale, il approfondit ses
connaissances sur les états de conscience
et fonde, à partir de ces enseignements
et découvertes, sa propre théorie
qu’il adapte à l’esprit occidental. Il
conçoit notamment une méthode active,
la relaxation dynamique, davantage
orientée vers une meilleure connaissance « corps-esprit ». Comme toute discipline
nouvelle, la sophrologie a beaucoup évolué ces dernières années, avec
des scissions et différents courants théoriques.
Plusieurs écoles furent créées en
France, en Belgique et en Suisse.
L’École française a été créée en 1971.
C’est une science
La sophrologie est appelée science de
l’harmonie de la conscience ou conscience
positive. Elle repose sur la théorie et
l’étude des niveaux et des états de conscience.
C’est grâce à un entraînement
dans cet état de conscience modifiée,
appelé conscience sophronique, que l’on
acquiert une plus grande sérénité. Pour
parvenir à cet état d’esprit, il y a lieu de
commencer par abaisser le niveau de
vigilance et de conscience.
Développer l’harmonie de la conscience
consiste à élargir la conscience que nous
avons de notre corps, de nos émotions,
de notre énergie vitale, de la totalité de
notre être. L’état de conscience modifiée
permet de développer un nouvel état
d’esprit emprunt de calme et sérénité.
On apprend à être plus présent à soi
mais aussi aux autres.
C’est un art de vivre
La sophrologie se sert de l’imagination
comme outil de changement et d’évolution.
Elle utilise notamment le pouvoir
du mental pour y associer la visualisation
et projeter en imagination une situation,
un événement à venir dans tous ses
détails, sous l’angle le plus positif. On
vivra aussi, dans cet état « sophronique »
par anticipation, aussi bien dans son
mental que dans son corps, le déroulement
d’un objectif que l’on verra réalisé,
comme par exemple réussir un examen,
un entretien d’embauche, signer un
contrat, se voir totalement déconditionné
d’une dépendance (cigarette, alcool,
nourriture...), d’une peur, etc.
La visualisation permet de développer
de nouveaux repères et une nouvelle
programmation de son mental. Le cerveau
ne fait pas la différence entre réel
et imaginaire. En effet, quand nous programmons
notre mental à la réussite,
dans la vie de tous les jours, on réalise
que malgré soi, on entreprend un certain
nombre d’actes conscients qui concourent à la réalisation de l’objectif.
L’imagination et la visualisation représentent
le premier pas vers sa réalisation.
Grâce à des exercices psycho-corporels,
associés à la respiration, la sophrologie
nous apprend à redécouvrir notre corps
en l’expérimentant sous l’angle des sensations.
Cette perception aiguisée des
sens à travers cette réalité de « corps
vécu », c’est-à-dire la perception de sensations
ressenties de l’intérieur, est à la
base de l’entraînement ; elle permet
aussi une meilleure prise de conscience
de son schéma corporel et de son équilibre
dans sa globalité. En ce sens, elle
participe à une meilleure conscience de
soi en renforçant son image. Elle peut être considérée comme une thérapie corporelle
puisqu’elle libère en douceur
tensions et blocages divers. Cette écoute
du corps, génératrice de calme, affermit
le sentiment de confiance et de sécurité
intérieure.
C’est une philosophie de vie
La sophrologie est une philosophie
humaniste qui utilise des méthodes de
dynamisation afin de développer notre
potentiel. Que l’option initiale soit thérapeutique,
pédagogique ou prophylactique, la sophrologie délivre un message éclairé en proposant, à travers ses techniques de détente, une nouvelle philosophie
de vie dont le but est la recherche de l’équilibre. Lorsque nous
sommes détendus, nous sommes plus disponibles, plus réceptifs,
plus créatifs, et notre regard sur la vie, sur les événements,
est plus éclairé.
À qui s’adresse t-elle ?
Dans la mesure où son principal postulat est la recherche du
bien-être, la sophrologie s’adresse à tous ceux qui souhaitent
au quotidien être mieux dans leur corps, dans leur vie. Ainsi,
si l’énergie est en dysharmonie dans l’un de ces trois niveaux,
nous tombons malades, enseignent les Chinois. Les maladies
trouveraient le plus souvent leur origine dans le déséquilibre
des plans respectivement psychique et spirituel. Ce déséquilibre
se manifeste par des symptômes tels qu’ulcère à l’estomac,
douleurs de dos ou toute autre maladie à résonance
psychosomatique. Grâce à de nombreuses techniques basées
sur la détente, la respiration, la visualisation et une attitude
mentale positive, la sophrologie favorise le développement
harmonieux de nos capacités physiques et psychiques. Avec
elle, vous apprendrez à déployer une plus grande sensorialité
dans la perception de votre corps afin de vous sentir bien dans
votre peau. Ainsi, vous recouvrerez un meilleur sommeil, augmenterez
concentration et mémoire, gérerez mieux vos émotions
et développerez une plus grande confiance en vous.
Cette méthode permet une meilleure présence à soi-même,
aux autres et au monde. Ce qui, pour nous occidentaux, constitue
une réelle avancée sur la voie du bien-être. La sophrologie
constitue en fait un puissant moyen de recentrage pour
retrouver le chemin qui conduit à la rencontre avec soi.
Michèle Freud