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Les éditos
dans Signes & sens magazine ? Un petit coup de gueule de temps en temps, des phrases incisives qui accompagnent nos bons élans revanchards assoupis, des propos sages qui donnent envie de méditer, une réflexion saine et préventive sur la réalité… Les éditos dans Signes & sens magazine, c’est tout cela à la fois. Ces véritables bulletins d'humeur nous font du bien car ils disent souvent tout haut ce que nous pensons tout bas, ouvrant toujours – et quoi qu’il en soit – la voie sur le respect de l’individu et de son environnement.
À nos inexplicables rencontres réussies ! Plus le temps avance, plus nous avons de quoi nous interroger et réfléchir à nos rencontres, fortuites… en apparence. Il n’est pas question ici d’intuition. Il y a dans le plan de vie de chacun comme une douce passivité qui nous conduit, quoi qu’il en soit, où nous devons aller, où nous avons à cheminer, à être. Cette force tranquille, bien rivée à l’intérieur de nous, ne nous laisse pas vraiment le choix de faire autrement. Et si nous tempêtons toujours devant les aléas – souvent douloureux – de l’existence, c’est que nous n’avons pas encore suffisamment développé de maturité pulsionnelle et de sagesse pour accepter ce qui est tout sauf inacceptable. Bien sûr, si Fabienne n’avait pas rencontré Patrick, elle n’aurait peut-être pas connu l’horrible souffrance d’avoir un enfant trisomique comme le leur. Bien sûr aussi, si Marc n’avait pas rencontré Marine, il aurait peut-être eu la joie d’être père, Marine n’ayant pu lui donner d’enfant. Bien sûr encore, si Stéphanie n’avait pas rencontré Romain, elle aurait pu avoir une vie de couple paisible et ne pas connaître l’univers alcoolique dont souffre son mari… Bien sûr ! Cependant, lorsque j’étais préadolescente et que j’avais la fâcheuse manie d’utiliser l’inutile mode conditionnel, ma grand-mère, lassée, me répondait qu’avec des si on mettrait Paris en bouteille… Elle avait encore raison lorsqu’adolescente, je lui disais ma révolte contre ce que j’appelais l’injustice et qu’elle m’assénait sévèrement que Dieu sait ce qu’Il fait et que tout ça a du sens… Sauf que c’est à chacun de le trouver ! Ce qui vaut d’ailleurs grandement la peine. Car, dès qu’on s’intéresse à la partie immergée de l’iceberg, on découvre des trésors. Malgré tout, on ne peut arriver à être péremptoire à ce point qu’à une seule condition : réaliser que l’être humain, de par son essence, sa gestation et autre naissance, est l’expression même d’un binôme. Le plus étonnant, au départ de la vie, c’est le lien mère-enfant. De cette fusion singulière exceptionnelle, naîtront et découleront nos rencontres. Comment, dès lors, envisager que le principe même de toute rencontre soit mauvais ? La vie ne peut qu’engendrer la vie…
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