On s’imagine que les gens heureux sont
nés comme ça et les malheureux aussi.
Mais ces deux catégories de personnes
agissent d’une manière qui renforce leur
humeur. Les gens heureux s’autorisent à
être heureux. Les malheureux continuent
de faire des choses qui les contrarient.
Quelle est la première caractéristique d’un bon business ? Un bon business-plan. C’est ce qu’affirme le
Centre de Management Stratégique, une entreprise de
consulting qui estime que toute société doit se définir un
objectif, puis se doter d’une stratégie pour l’atteindre. On peut
utiliser la même approche avec les gens. Définissez ce que
vous voulez, puis établissez une stratégie pour y parvenir.
L’ironie veut que les enfants soient plus doués pour cela que
les adultes. Un petit enfant sait qu’en se montrant grincheux,
il aura son cornet de glace. Il sait aussi qu’en faisant trop de
bruit, il aura droit à une réaction rapide de ses parents. Les
enfants comprennent que, dans la vie, il y a des règles et des
schémas prévisibles. Aussi, ils utilisent des stratégies pour
obtenir ce qu’ils désirent.
Avoir une vie adulte heureuse, c’est comme essayer d’obtenir
un cornet de glace quand on est petit. Vous devez savoir ce
que vous voulez, puis mettre en oeuvre une stratégie pour y
parvenir. Songez à ce qui vous rend heureux ou triste et servez-vous de cet état pour déterminer ce que vous voulez.
Il n’est pas nécessaire de gagner à chaque fois
Les gens ultra compétitifs, ceux qui ont toujours besoin de gagner, finissent par moins savourer la vie que les autres.
Quand ils perdent, ils sont très déçus et quand ils gagnent, ce
n’est jamais que ce à quoi ils s’attendaient…
En 1972, Richard Nixon était candidat à sa réélection. Il
ordonna à son équipe de campagne de prendre toutes les
mesures pour gagner autant de votes que possible. La plus
célèbre d’entre elles, bien entendu, fut les cambriolages commis
dans les quartiers du parti Démocrate, dans l’immeuble du
Watergate, pour y cacher des micros. L’équipe de Nixon se
lança ainsi dans toute une série de « sales combines », comme
lui-même les nommait. Ses membres appelaient une pizzeria
et commandaient une centaine de pizzas à livrer au bureau
d’un candidat de l’opposition. Ils distribuaient des prospectus «bidon» annonçant qu’un rassemblement de l’opposition avait été annulé. Ils annulaient par téléphone les réservations
de grandes salles de congrès effectuées par l’opposition.
Pourquoi? Parce que Nixon était obsédé par l’idée de gagner : à tout prix. Le comble de l’ironie, c’est que Nixon gagnait de toute façon et qu’il n’aurait pas eu besoin de toutes ces combines.
Mais son incapacité à envisager l’éventualité de perdre
le poussa à recourir à ces méthodes extrêmes, malhonnêtes et, au bout du compte, cette incapacité lui fit perdre ce qu’il convoitait si désespérément.
L’esprit de compétition peut empêcher quelqu’un de bien profiter de sa vie, parce qu’aucune réalisation ne suffit à le satisfaire et que tous ses échecs sont dévastateurs. Les gens ultra compétitifs jugent plus mal leurs succès que d’autres leurs erreurs. Les gens heureux n’obtiennent pas tout ce qu’ils souhaitent
mais ils désirent le gros de ce qu’ils obtiennent. En d’autres
termes, ils truquent le jeu en leur faveur, en faisant le choix
d’estimer les choses qui sont à leur portée.
Les personnes malheureuses se fixent souvent des buts irréalisables
et se programment ainsi pour échouer. Pourtant, les
gens qui poursuivent des buts très élevés et qui les atteignent
ne sont pas plus heureux que ceux qui s’en fixent de plus
modestes et les atteignent aussi. Quand vous évaluez votre position au travail ou vos relations familiales, ne commencez pas par imaginer la personne la plus riche au monde, ni la famille la plus heureuse. Soyez réaliste et efforcez-vous simplement d’améliorer les choses et non de les rendre parfaites.
Une différence à ne pas négliger
Les gens heureux ne volent pas de succès en succès, ni les gens malheureux d’échec en échec. Les études indiquent plutôt que ces deux catégories de personnes ont globalement eu des expériences similaires. La différence, c’est que les gens malheureux passent en moyenne deux fois plus de temps à penser aux événements désagréables de leur vie, alors que les gens heureux recherchent des informations qui améliorent leur vision du monde, et s’y fient.
David Niven*
*Pour en savoir plus, lire :
" Les 100 secrets des gens heureux ",
Éditions Contre-Dires.