La nourriture et les épices ont toujours joué un rôle important dans la vie et ce sont eux qui, en grande partie du moins, définissent une culture. Ail et origan son typiquement italiens, gingembre et baguettes chinoises sont des amis inséparables, on consomme le safran des Indes au son d’une cithare… Les grandes explorations ont introduit de nouvelles épices et de nouveaux produits alimentaires en Europe qui, elle-même, a exporté les siens, en échangeant avec l’Asie, l’Afrique et les Amériques…
Nous connaissons ces épices pour leur intérêt culinaire. Nous allons maintenant découvrir les vertus médicinales de trois d’entre elles…
L’anis
Cette délicate épice duveteuse est utilisée depuis des siècles. En 1500 avant J-C, les Égyptiens cultivaient l’anis en grandes quantités car elle accompagnait nourriture et boissons, tout en servant de médicament. L’anis est une véritable bénédiction. On peut la prendre en infusion pour soulager indigestion et coliques, dont tant de nourrissons souffrent vers l’âge de trois mois. Elle soulage aussi merveilleusement l’estomac après un vomissement. Quand on a l’estomac gonflé, elle évite de souffrir de maux de tête. Elle est particulièrement efficace dans ce cas chez les bébés. Les asthmatiques de longue date aiment consommer l’anis en infusion et elle est efficace pour soulager les crises. En cas d’engourdissement de la lèvre inférieure, saupoudrez-y un peu d’anis ou trempez la lèvre dans de l’anis en infusion. Autrefois, l’anis servait à soulager les calculs rénaux. On mettait une cuillerée à soupe d’huile d’anis dans un peu moins d’un litre de jus de pamplemousse et on laissait frissonner au feu pendant une demi-heure. On en buvait aussi 200 g trois fois par jour. L’huile d’anis servait également à soigner la jaunisse.
Le basilic
La légende veut que le basilic se soit mis à pousser autour du tombeau du Christ, à la suite de sa résurrection. Certaines églises se servaient du basilic pour préparer l’eau bénite, tandis que d’autres en disposaient autour de leurs autels. Les Indiens juraient la main posée sur cette plante. Dans certaines cultures, on en garde toujours dans les poches pour attirer l’argent comme un aimant. Cette plante aux vertus aromatiques favorise l’ouverture d’esprit. Le basilic nourrit le cerveau. Vous vous sentez agressé, critiqué ? Mangez du basilic. C’est un antidépresseur qui requinque ceux qui se sentent épuisés nerveusement et mentalement. On sait qu’il stimule aussi le cortex surrénal. Le basilic est une excellente épice antivirale contre rhumes, grippes, refroidissements et elle empêche de vomir. On s’en sert en cas d’indigestion, de problèmes rénaux et de vessie, de maux de tête et de constipation. Contre la plupart des fièvres, faites une infusion d’une trentaine de grammes de basilic, portée à ébullition dans un demi-litre d’eau pendant vingt minutes, additionnée de six grains de poivre noir. Le basilic sert à éloigner les insectes et, en Inde, on s’en sert pour soigner les morsures de serpent. En application cutanée, elle soulage les démangeaisons et la teigne.
La bourrache
La bourrache est utilisée depuis toujours pour retrouver son énergie, dissiper les états dépressifs et redonner du courage. Ce merveilleux condiment stimule aussi les glandes surrénales, siège du courage, et il favorise la production d’adrénaline naturelle. Les anciens Maîtres de la peinture se servaient de cette belle fleur, légèrement bleutée, pour colorer la gouache avec laquelle ils peignaient la robe de la Madone. Depuis des siècles, on en assaisonne la salade pour « réjouir l’esprit ». La bourrache fait transpirer et stimule la montée de lait ; elle est conseillée en cas de tristesse et d’angoisses. En infusion, les feuilles réduisent les quintes de toux sèche. On trouve l’huile extraite de feuilles sous forme de gélules pour soigner les problèmes de menstrues, les rhumatismes et, en application cutanée, l’eczéma – entre autres irritations – ou en cas de dessiccation de la peau. La bourrache est employée encore en cas d’irritation intestinale et pour soulager la gueule de bois. Elle sert aussi de tonique après une thérapie aux stéroïdes.
Hanna Koeger*
*Pour en savoir plus, lire :
« Épices à la rescousse… et autres remèdes qu’on trouve dans la cuisine »,
Éditions Ambre.
Le miel, ambroisie des Dieux
On appelle le miel l’ambroisie des Dieux. Chacune des régions d’un pays possède son miel typique. On dit que le miel, produit dans la région du patient concerné, a le pouvoir de soulager les symptômes d’allergie. C’est aussi un bon antihistaminique. Pendant les restrictions de la guerre, le miel était souvent utilisé avec de l’huile ou du lard pour panser les blessures légères et les ulcères. D’autre part, les sucres simples du miel sont absorbés rapidement par l’organisme au point que dans les temps anciens, les athlètes olympiques mangeaient de grandes quantités de miel avant les jeux pour se préparer en vue des épreuves. C’est d’ailleurs encore d’actualité de nos jours.