Les essences aromatiques plaisent, soignent et
guérissent. C’est là un phénomène observé depuis
des siècles…
Les huiles essentielles appliquées localement sur la
peau - jamais directement, mais après dilution dans
une huile végétale - sont bactéricides, virulicides.
Elles inhibent les proliférations microbiennes et virales.
C’est même l’un de premiers usages qu’en firent
les aromathérapeutes modernes. C’est ainsi que
Paul Duraffourd fut amené à mettre au point « l’aromatogramme » testant la sensibilité des germes à différentes
essences. L’action bactériostatique des
essences, par exemple de l’HE de thym, permet de
ménager l’utilisation des antibiotiques habituels et évite l’apparition de «résistance», grave problème
de la médecine actuelle. Conjuguant un effet bactéricide
(lyse des microbes) et bactériostatique (blocage
de la multiplication microbienne), on peut
parler d’un effet antibiotique complet. Mais les
huiles essentielles ont une action globale profonde
sur notre organisme entier qui dépasse largement le
simple effet local. Elles ont des propriétés immunostimulantes,
rééquilibrantes, mettant en oeuvre des
mécanismes réactionnels complexes intéressant le
corps tout entier.
Comment utiliser les huiles essentielles
Les HE peuvent être administrées par voie orale mais
une certaine toxicité limite leur emploi. À doses
fortes par exemple, les essences de sauge, de thuya,
de marjolaine sont convulsivantes. Le carvi se révèle
abortif et est donc contre-indiqué chez la femme enceinte.
La cannelle est d’abord excitante puis dépressive.
Il faut ainsi user des essences avec
discernement. Une des voies les plus recommandées
pour l’aromathérapie est en fait la voie cutanée : les
essences pénètrent doucement dans le corps par les
pores de la peau. De là, elles sont véhiculées par le
sang jusqu’à l’organe ciblé pour lequel elles présentent
une affinité particulière. Ainsi les HE, genièvre
et origan, gagnent la vessie où elles exercent leur action
immunostimulante et apaisante, le romarin et la
menthe atteignent la vésicule biliaire, le géranium, le pancréas où il favorisera la sécrétion d’insuline, le
santal, la prostate. Le niaouli et l’eucalyptus vont aux
poumons. Bains de pieds ou de siège, massage par
onguent, inhalation et diffusion sont les modes d’application
de l’aromathérapie les plus faciles. Ils sont
dénués de danger à condition de respecter les proportions
et les temps indiqués. Il faut 30 minutes à 1 heure pour que le corps absorbe les essences appliquées
localement. Elles séjournent dans l’organisme
plusieurs heures et sont ensuite éliminées par l’air
expiré, par la légère transpiration qui exsude à travers
la peau, par les urines qui deviennent odorantes.
Respirez…
Le mode majeur de l’action de l’aromathérapie est incontestablement
l’olfaction. Quand nous reniflons et
sentons parfums, fragrances et particules osmophores
(des molécules véhiculant l’odeur car capables d’exciter
les récepteurs sensoriels spécifiques du nez), notre
organisme réagit sur un plan global et se rééquilibre
dans un mieux-être appréciable. Les signaux aromatiques
perçus et recueillis au niveau de la muqueuse
nasale sont véhiculés jusqu’à la zone limbique du cerveau.
De là sont distribuées les informations induisant
tout un ensemble de réactions vitales. L’aromathérapie
est donc avant tout une thérapeutique olfactive, informative
et réactionnelle. C’est une des raisons pour lesquelles
il convient d’éliminer toute essence dont
l’odeur déplaît. L’activité en serait perturbée, voire négativée.
Docteur Daniel Scimeca et Docteur Max Tétau
Pour en savoir plus, lire :
« Votre santé par les huiles essentielles »,
Éditions Alpen.