L'avis du psy de Signes & sens magazine
Un partenariat
"Psychanalyse magazine" et "Signes & sens magazine"
Vous traversez une difficulté, vous avez du mal à résoudre un problème, un conflit, à trouver une solution adaptée à une crise affective ou sociale, cet espace d’écriture est le vôtre. Quel que soit votre âge.
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Chantal Calatayud, psychanalyste,
Directrice
de l'Institut Français de Psychanalyse Appliquée, auteur, répond à votre courrier… |
« Mon mari souffre de fièvre acheteuse »
John, mon mari, a la folie des grandeurs. Il ne se passe pas une semaine sans
qu’il s’achète des vêtements, des chaussures, alors que son salaire de préparateur
en pharmacie ne le lui permet pas vraiment. Il éprouve aussi le besoin de changer
de voiture tous les deux ans. Le banquier appelle souvent… Je craque. Mais, plus
je m’énerve, plus John persiste dans ses dépenses. Je suis inquiète.
Anne C. – 75015 Paris
La réponse du psychanalyste
Vous vous sentez en difficulté, voire en danger avec cet
homme. Et vous avez raison. Cependant, n’essayez plus d’agir
sur lui, de lui faire des remontrances, tout simplement
parce que ça ne sert à rien. Votre mari répare peut-être, de
façon certes destructrice, une enfance difficile et son attitude
laisse penser à un complexe d’infériorité déguisé. Cependant,
ni vous ni moi n’êtes son psy et, comme vous l’implicitez, il
sera plus efficace de voir de quelle façon vous positionner
dorénavant pour que le symptôme de John s’essouffle.
Dans ce que vous me confiez, il est facilement constatable, a
priori, que les achats intempestifs ne concernent que votre époux. C’est comme si vous étiez exclue, un peu victime
même. La bonne attitude consiste essentiellement, non pas à
en faire autant (vous courriez au désastre) mais à vous faire
plaisir, régulièrement, sans vous préoccuper de vos finances et
de John : une sortie au cinéma, des boucles d’oreille en soldes,
une jupe sympathique… Tous ces investissements restant
fort raisonnables pécuniairement parlant ! Car, et je sais que
vous l’avez compris, il ne sert à rien de jouer les mater dolorosa.
C’est cela, en fait, qui agace votre mari. N’êtes-vous pas
un peu trop rigide dans vos tenues ou, surtout, vos retenues car on voit bien que John compense : il dépense pour deux ?
Libérez-vous : vous constaterez rapidement que tout ira mieux entre vous et que votre mari s’intéressera davantage à la maison qu’à son aspect extérieur. Essayez vite et tenez-moi au courant…
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