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L’enfant et le chien : les règles de bon sens à respecter
pour une influence bénéfique

Le chien est devenu le commensal de l’Homme dès la période néolithique, sans doute 12 000 ans avant l’ère chrétienne. Un long processus de façonnement mutuel a contribué à l’adaptation particulière du chien à l’humain.

Jusqu’au XIXème siècle, l’animal de compagnie est resté un privilège de la noblesse. Dans les foyers ruraux, les chiens n’étaient admis que dans la mesure des services qu’ils rendaient. À l’aube du troisième millénaire, héberger un chien sous son toit est devenu un fait familial : plus de huit millions de chiens vivent actuellement sous nos toits français. Aux U.S.A., dans une famille sur deux, les enfants vivent directement au contact des chiens.

L’influence bénéfique de l’animal sur l’enfant
Le chien apporte à l’enfant une sécurité affective ; l’animal de compagnie permet de le rassurer sur lui-même et les autres, et de s’épanouir de façon équilibrante. Le chien fidèle est le complice sur lequel on peut toujours compter. Grâce à « son petit copain à quatre pattes », l’enfant timide pourra s’exprimer et se confier à ce confident qui écoute et semble tout comprendre. Se savoir aimé par son chien développe, chez l’enfant, initiative et indépendance. Vivre au quotidien avec son chien est un apprentissage de la proximité, du contact, de l’effort d’attention visuelle et intellectuelle pour comprendre les émotions de l’animal. Côtoyer un chien permet aussi à l’enfant d’acquérir plus aisément le sens des responsabilités : donner à manger, à boire et promener son animal favori, sont des tâches quotidiennes auxquelles on ne peut déroger et qui permettent à l’enfant de se sentir indispensable. La socialisation en est facilitée car il joue, sourit, rit, parle avec lui. L’enfant apprend ainsi à maîtriser ses colères, à acquérir de la patience. Le bénéfice est particulièrement manifeste lorsque l’enfant souffre de troubles caractériels ou d’un handicap. La présence d’un chien auprès de lui le valorise aux yeux de ses camarades ; il entre dès lors plus facilement en relation avec les autres enfants. L’enfant, en jouant avec son chien, va développer son habileté physique, son imagination et son langage. En parlant à son animal, il va « mettre à l’essai » sa communication avec tous les autres ; il est ainsi conduit à intégrer plus facilement le langage non verbal : celui des gestes et du regard, bonne école d’altruisme et de tolérance.

Des règles de bon sens à respecter
Ce n’est pas en un jour qu’un enfant pourra assumer son compagnon et les responsabilités de sa prise en charge. Les pédiatres fixent à 3 ans l’âge où il est possible d’apprendre à l’enfant, sans contrainte et sous la responsabilité d’un adulte, à donner régulièrement à manger à son chien. En effet, l’enfant – n’ayant pas encore la notion du temps – ne pourra pas le nourrir selon un horaire précis. Il vaut donc mieux jouer sur l’affectif, en lui faisant observer que son chien est triste car il attend sa nourriture. Le rythme d’activité de l’animal (réveil à heures régulières, nourriture à heures fixes) va peu à peu aider l’enfant à acquérir les notions temporelles qui lui manquent et à trouver plus légitime le souhait de ses parents de le voir aller au lit à heure fixe le soir. Dans l’attitude à adopter vis-à-vis de son chien, il convient d’apprendre l’enfant à :

– Reconnaître les signes d’agacement et de colère chez les animaux.

– Les laisser en paix lorsqu’ils dorment ou prennent leur repas.

– Se montrer prudents lorsque l’enfant ne connaît pas le chien, en le laissant venir à sa rencontre.

– Ne pas caresser le chien sur la tête, ce qui est interprété par celui-ci comme un signe de domination.

– Toujours laisser au chien la possibilité de s’échapper du contrôle du petit maître (ne pas le coincer dans un angle de mur).

– Savoir reconnaître quand il convient de laisser un chien tranquille : grondement sourd du chien avec un regard fixe.

– Ne jamais approcher le visage de la gueule du chien.

– Ne pas maltraiter ou taquiner un chien ; ne pas le surexciter par jeu.

– Ne pas lui enlever le jouet ou l’os dont il s’amuse.

– Respecter la place qu’il doit avoir dans la famille.

– Apprendre comment l’aimer et s’en occuper.

Tous ces conseils éviteront les morsures, à condition que les parents surveillent le bon déroulement des relations de l’enfant avec son chien. En effet, l’enfant – qui est à l’école de la vie – ne sait pas encore lire les codes envoyés par le chien qui montre pourtant son impatience. Un enfant trop brusque peut faire mal à l’animal, qui peut mal réagir. La présence d’un adulte est donc nécessaire pour montrer à l’enfant quand s’arrêter. Toutefois, un chien bien éduqué saura se montrer patient, d’où la nécessité de lui apprendre, à lui aussi, à évoluer dans notre société pour qu’il soit un compagnon de route et non un fardeau.

 

Docteur René Flurin*

*A lire :
« Le coaching parental »
Jocelyne Boucard, Éditions Médicis

 

Les morsures de chien

La meilleure prévention réside dans l’éducation du chien et de son maître par un éducateur spécialisé. Les propriétaires de chiens doivent prendre conscience de leur responsabilité à l’égard des autres :
– Danger potentiel d’un chien mal éduqué ou rendu agressif par son maître de façon délibérée.
– Danger des chiens laissés à l’abandon transformés en chiens errants.
– Importance du rôle éducatif des parents à l’égard de leurs enfants, pour leur apprendre un comportement approprié vis-à-vis des chiens.
– Agressivité d’un chien qui souffre, a souffert, a été malade ou maltraité. Dans la plupart des cas, l’agressivité du chien est la conséquence du comportement inadapté du propriétaire qui n’a pas su, ou n’a pas pris le temps, d’éduquer son chien. C’est le cas, notamment, des chiens mal socialisés, à qui on a donné un statut dominant qu’il n’aurait jamais dû avoir, ou encore du chien qui a longtemps servi de substitut à la famille et qui sait que sa place va être modifiée par l’arrivée d’un enfant. Ce sont les enfants, et notamment les petits enfants de 1 à 4 ans, qui sont le plus souvent mordus par les chiens. La gravité de ces morsures tient à ce qu’elles atteignent fréquemment le visage, alors que l’adulte est plus souvent mordu à la main ou au mollet. Les lésions entraînées par une morsure sont toujours infectées, souvent en profondeur ; leur cicatrisation est lente. Devant une morsure, les premiers gestes doivent être :
– De laver abondamment la plaie à l’eau et au savon et de montrer immédiatement l’enfant à un médecin qui :

• désinfectera la plaie

• assurera la prévention antitétanique par une injection de rappel, les morsures, notamment à la face, comportant un risque élevé

• prescrira l’antibiotique approprié. Assurez-vous, par ailleurs, que l’animal est bien vacciné contre la rage et exigez que le chien soit mis en surveillance vétérinaire pendant 15 jours, avec production de 3 certificats vétérinaires de non-contagion dans les 2 premiers jours, le 7ème jour et le 15ème jour. Si le propriétaire s’y refuse, faites une déclaration à la gendarmerie ou au commissariat de police en exigeant l’application des mesures légales.

 

 

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